LES ÉVÉNEMENTS /

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Cinéma

Cinema Komunisto /

(2013, 1h41) de Mila Turajlić.
En présence de la réalisatrice Mila Turajlić

Tito, le président yougoslave, créa à Belgrade un « Hollywood de l’Est », attirant des Richard Burton ou des Orson Welles pour ajouter une touche de glamour à l’effort national. Son projectionniste personnel est le guide exceptionnel de ce voyage dans ces superproductions qui glorifièrent une Yougoslavie idéalisée. Avec son montage virtuose, Cinema Komunisto montre les liens consanguins entre fiction et réel, et évoque avec une pointe de nostalgie un système politique qui préférait que les bombes explosent sur un écran plutôt que dans les rues. — Le Monde diplomatique

Rencontre avec Mila Turajlić animée par Cédric Lépine, journaliste à Mediapart

Séances au Christine Cinéma Club
Tarif plein : 9 €
Tarif réduit : 7,50 € (RSA, chômeur, + 65 ans ) et 6 € (- 26 ans )
Pass UGC illimité et Gaumont acceptés.
Tous les films sont présentés dans leur version originale sous-titrée en français.

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Cinema Komunisto
Disponible à la Cinémathèque française à Paris : information ici.
L’édition DVD est disponible à l’adresse : http://www.cinemakomunisto.com/fr/dvd/.

« Quand la Yougoslavie explosa, Mila Turajlic n’avait que 10 ans. Voir mourir son pays natal de son vivant, tout le monde ne peut en dire autant... Que reste-t-il aujourd’hui de cet Etat balayé par l’histoire ? Des films. Des centaines de films dont le metteur en scène, jamais crédité au générique, est passé à la postérité pour ses activités de dictateur : le maréchal Tito, père et maître de la Yougoslavie socialiste de 1943 à sa mort, en 1980. En assemblant, dans un montage virtuose, extraits, archives inédites et entretiens avec les anciens protagonistes du « kino » des Balkans, la documentariste décortique l’édification d’un mythe politique en 35 mm.
Tito le cinéphile, dont le projectionniste personnel assure qu’il a vu environ huit mille films en trente ans, voulait son industrie du film. Créés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les studios Avala deviennent donc le coeur d’un système qui fera de la propagande, mais avec un certain talent : films à la gloire des Partisans (les résistants titistes de 39-45) ou, après la rupture avec Staline, prestigieuses coproductions internationales (La Cinquième Offensive, avec Richard Burton dans l’uniforme du maréchal ; La Bataille de la Neretva, avec Yul Brynner et Orson Welles), tous exaltent la légende d’un peuple uni par un socialisme « à visage humain ». C’est le temps où, sur l’île privée du « président à vie », le glamour hollywoodien, alias Elizabeth Taylor, parade au bras du camarade Tito.
Au-delà de ces scènes étonnantes, qui rappellent la place de la Yougoslavie sur l’ancienne (mais pas si lointaine) carte du monde, le film dégage une sourde mélancolie. Car si Mila Turajlic démonte cette Yougoslavie fictive comme d’autres un décor de cinéma, elle se sait elle-même sous le charme. Devant le triste spectacle des studios désertés, des costumes et des pellicules abandonnés, elle ne peut réprimer sa nostalgie. En songeant à Sophia Loren débarquant, comme au Negresco à Nice, à l’hôtel Metropol de Belgrade. »
— Mathilde Blottière, Télérama

Cinéma


14h00

dim. 1er décembre


Christine Cinéma Club

4, rue Christine
75006 Paris


Invité(s) : Mila Turajlić /