LES INVITÉS /

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László Moholy-Nagy

© Photo : Laszlo Lucia Moholy

László Moholy-Nagy (1895-1946) est peintre, sculpteur et l’un des plus grands photographes de son époque. Chef de file de la « Nouvelle Photographie » avec Rodtchenko, il s’intéresse tout particulièrement aux photogrammes, qu’il exécute à la même époque que Man Ray. Avec lui la photographie s’est libérée des impératifs de la représentation — comme Malevitch pour la peinture — ramenée à son essence d’ « écriture de la lumière ».

Membre pivot de l’école du Bauhaus, fleuron de la modernité et de l’avant-garde, il enseigne aux côtés de Kandinsky ou de Paul Klee. Son oeuvre d’avant-garde, présente dans les collections des principaux musées du monde entier, est parmi les plus importantes de son époque. Des rétrospectives ont eu lieu à Paris, au Centre Georges Pompidou en 1995 et au Musée des Arts Décoratifs en 2016, ainsi qu’au Museum Folkwang à Essen en 1996. László Moholy-Nagy perdure comme un artiste de production multimédia, international, toujours en phase avec l’idée de modernité.

« Toute mon oeuvre est une paraphrase de la lumière »

Né en Hongrie en 1895, László Moholy-Nagy étudie d’abord le droit. C’est au front, en 1915, qu’il commence à s’adonner au dessin et à l’aquarelle. Démobilisé après avoir été blessé sur le front russe, il se livre entièrement à sa passion pour la peinture. Installé à Berlin en 1920, il expose ses tableaux et ses sculptures, collabore à différentes revues dans lesquelles sont jetées
les prémices théoriques de son travail sur le photogramme, publie un livre d’artiste… À la demande de Walter Gropius, il devient professeur au Bauhaus, où il est chargé de l’atelier du métal. Il s’installe donc à Weimar, s’intéresse aux matériaux que l’industrie vient de créer, aluminium, plastique, celluloïd, expose ses gravures à Hanovre, Berlin, s’intéresse également à la typographie et ne cesse de travailler à ses photogrammes. Avec sa femme, Lucia, épousée en 1921, il apprend les techniques de la photographie. En 1925 paraît son important livre théorique Peinture, Photographie, Film où il expose les nouveaux canons de la photographie non plus chargée, selon lui, de la reproduction des images mais d’une nouvelle vision de la réalité. Le Bauhaus-Weimar fermé, il reprend son poste à Bauhaus-Dessau où il dirige la revue de l’école et fait alterner ses activités de professeur et ses recherches artistiques personnelles. Il expose peintures et photogrammes à Paris, à Dresde, à Berlin… 1928 est l’année d’une scission dans le Bauhaus et Moholy-Nagy abandonne l’enseignement. Ses activités continuent d’être diversifiées : publicité, décor de théâtre, photographie, films… Entre 1931, date où sont exposés à New-York ses photographies, photogrammes et
photoplastiques, et 1936, il participe à plusieurs expositions collectives ou personnelles à Paris autour du groupe Abstraction-Création. En 1935, fuyant le nazisme, il s’installe à Londres, puis aux Etats-Unis, où il réalise ses premiers clichés en couleurs. Sur l’invitation de Walter Gropius, il rejoint le New Bauhaus, implanté à Chicago, qui se muera en Institute of Design. Il meurt en 1946 d’une leucémie.

Avec les photogrammes, Moholy-Nagy a inventé la photographie abstraite. Tandis que Le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch ou les toiles de Kandinsky ont libéré la peinture du sujet (…) pour que la peinture ne soit plus que de la peinture, les photographies de Moholy-Nagy se libèrent également de la figuration pour que la photographie ne soit que de la photographie. Il donne à voir son essence telle qu’elle est inscrite, déjà, dans son étymologie : une écriture de la lumière. Il met en scène, dans des jeux de cadrages, d’architectures de lignes et de courbes, dans des apparences pures, cette lumière accompagnée, bien sûr, de ce qui la fait ressortir sinon vivre, les ombres et le noir.

https://www.centrepompidou.fr/media/document/28/4b/284baa4e650242210d8926376768ada7/normal.pdf

https://www.les-lettres-francaises.fr/2017/07/moholy-nagy-genie-bauhaus/

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